Distinguer bons et mauvais lanceurs
“Prendre au sérieux et examiner chaque alerte, c’est utile et pas si coûteux”, affirme Jacques Testart. Mais le risque de multiplication des dénonciations abusives existe. Comment gagner alors un procès en diffamation contre un lanceur d’alerte protégé par une loi ? Pour éviter de telles dérives, il suffirait d’instaurer “des critères déontologiques précis”, d’après André Cicolella, qui permettraient de filtrer les alertes peu documentées ou exagérées. C’est ce que la Haute Autorité sera chargée de mettre en place. “Les alertes sont indispensables, car on ne peut pas tout prévoir. Elles permettent de faire réagir l’Etat et les industriels, conclut André Cicolella. Cela a valu par le passé, pour des scandales aussi divers que Tchernobyl, la vache folle, le sang contaminé et, plus récemment, les pollutions des cours d’eau français aux PCB.”
Cependant, au travers de ces lignes, il ressort qu’il y a ceux à protéger et les autres… La dichotomie augure déjà des méthodes employées par la France et dont nombre de médecins, morts et survivants, ont déjà bénéficié et, vraisemblablement, continueront à bénéficier. A la fin du débat qui suivait l’émission sur Monsanto, j’ai entendu M. Christian Vélot (chercheur en génétique à l’Institut d’Orsay) dire que les projets médicaux devaient être débattus et décidés par les sociétés philosophiques. Il n’est point besoin d’appartenir à ce type de réseau pour réfléchir à la catastrophe sanitaire en cours depuis des années en médecine et qui transparaît enfin en 2008 de manière plus claire. J’ai une collection de publicités médicales et de logos de laboratoires, le tout portant sur quarante-cinq ans et qui montre, à l’évidence, les liens intimes entre l’industrie pharmaceutique et certains réseaux évoqués par Christian Vélot. En clair, des images on ne peut plus parlantes émaillent ces publicités, véritables appels du pied aux médecins qui en sont afin de prescrire le bon produit du labo qui en est lui aussi...
Et si on arrêtait tout simplement la corruption par laquelle les malheurs nous arrivent ? Car la chasse humaine qui a cours, en France en particulier, repose sur des complices corrompus, dans tous les milieux. C’est ce que j’ai constaté et verrouillé d’ailleurs dans mon affaire.
Je suis allée à la commission sur les vaccinations organisée par le député André Aschieri à l’Assemblée nationale. J’ai parlé publiquement des cancers suite au vaccin antihépatite B, dont on occulte toujours officiellement les relations de cause à effet. C’était vers le 20 janvier 2001, soit huit mois avant la première tentative d’assassinat perpétrée contre moi. Hasard ? Plus j’avance et moins je le crois.
Je ne peux m’empêcher de penser à Mao qui promut, à une certaine époque, les idées novatrices, pour mieux cibler les personnes “dangereuses à éliminer”. Quelques naïfs les relayaient aussitôt, croyant bien faire. Finalement, je ne pense pas qu’en France on agisse autrement.
Dr Marie-Hélène GROUSSAC