Samedi 04 Février 2012
N° 147 - Janvier 2012
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Petite question
Petite, mais insistante question de nos lecteurs : “Pourquoi on n’envoie pas foutre les agents de notation ?”
Parce que, si on le faisait, le monde serait inondé instantanément par les productions chinoises et américaines.
Et ceux qui disent : “Alors je fermerais la frontière”, se moquent du monde. La pression économique et démographique est ce qu’elle est et ne fera qu’augmenter, comme dans une Cocotte-minute, tant qu’on n’aura pas scientifiquement établi la nature de la monnaie.
Assurément, l’anomalie est d’avoir négligemment laissé s’installer un tel décalage entre les connaissances humaines et la part congrue d’instruction dont les pouvoirs se contentent.
Ainsi, comme dit Lacan, à la page 794 de ses Ecrits, “tout le monde se trouve donc sur ce point à son niveau d’ignorance”.
Alors comme dit un autre : “S’ils avaient su, la crise aurait pas venue.”
En attendant, il faut maintenant la boire - et pas seulement la boire -, mais la découdre et la comprendre, autrement dit s’instruire de ce qu’on aurait dû savoir.
Savoir qu’insidieusement c’est “une guerre contre la civilisation” qui se poursuit. Et que la vaccination, qu’on n’aura pas trouvée en Europe, ne pourra certainement pas se trouver en Chine ni aux Etats-Unis.
La France, pourtant, aura eu son instant fulgurant de lumière dans un certain mémorable et mémorisé discours d’un 27 octobre 2011 : “Nous venons à peine d’entrer dans un monde nouveau.” Dommage que le locuteur n’ait pas su ajouter le paragraphe qui aurait dit “en quoi” réside la nouveauté de “ce monde dans lequel on venait d’entrer”.
Car la modernité, ce n’est pas “Shanghaï” et ce n’est pas non plus “le métro qui marche tout seul”. La modernité, c’est le nouveau rapport qui essaie de se faire jour entre les hommes dans leur lien social.
Pas seulement entre les prisonniers, mais avec les gardiens. On voit trop bien ce que je veux dire.
Mais au contraire, après ledit discours, tout le monde - gauche et droite comprises et confondues - s’est rué et roulé sur une arithmétique incantatoire, fabuleuse et fantaisiste sur les budgets et les programmes.
On voit aussi que, sous le rapport de ce que je veux dire, il y aurait encore de quoi faire pour plus de mille ans.
Comme il est écrit en Luc 23, 31 : “Que si l’on traite ainsi le bois vert, qu’adviendra-t-il pour le bois mort ?”
Puissions-nous du moins espérer que l’on parvienne un peu plus communément et familièrement à clarifier non seulement la différence, mais aussi bien le rapport entre science et vérité.
Stéphane DI VITTORIO



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