Vendredi 08 Août 2008
N° 106 - Août 2008
Sommaire
La chronique de
Pierre Cornillot
La chronique de
Stéphane Di Vittorio
La chronique de
Martine Gardénal
La chronique de
Roselyne Morel
La chronique
d'Hélène Wintrebert
La chronique de
Françoise Railhet
La chronique de
Soana Kristen
La chronique de
Bérengère Arnal
La chronique de Marie-
Hélène Groussac
Edito
Agenda

Don libre
 Accueil
 Liens  Contact  Abonnement  Archives

Amour et politique
Le gratin est le gratin, et ce qui se passe, politiquement, au niveau du gratin des sociétés nous échappera toujours.
Mais l’erreur serait précisément de croire que l’essentiel est là, d’être fasciné par les intrigues et les énigmes de la politique, pour rater précisément l’essentiel, à savoir ce qui se passe au niveau de notre coeur.
Car, dans les rares moments où nous sommes vraiment sérieux, nous devons nous rappeler que, comme l’enseigne Lacan, “le sujet est toujours heureux”. Ce qui le ruine, c’est l’embrouille éventuelle de sa propre fascination par la phénoménologie du pouvoir.
Nous aurions intérêt, tous autant que nous sommes, à nous rappeler ce qui faisait la force de notre jeunesse. C’était la prégnance de nos sentiments d’amour. “Les amoureux, qui dansent au petit bal perdu dont nous ne savons plus le nom, ne regardent pas l’horizon.” Là, il y avait une vérité de l’ordre du réel.
C’est l’oublier qui est grave. Pour notre destin, comme pour la pédagogie, c’est-à-dire pour l’éducation de la jeunesse.
La force de ce qui s’est passé à propos d’Ingrid, nous le montre bien. On peut faire toutes les hypothèses politiques que l’on veut, ce qui était directeur, déterminant, communicatif, c’était l’amour. On n’y a parlé finalement que de la petite qui retrouvait sa maman, de la maman qui retrouvait sa petite et même des petits qui retrouvaient leur maman. Les images du roman-photo mobilisaient davantage que celles des parachutistes ou des preneurs d’otages monnayés ou pas.
La seule remarque résiduelle permise n’était plus que celle de la sottise de certains commentaires médiatiques. Mais, finalement, comme le dit Jacques-Alain Miller, “l’important - les grandes décisions et les grands pas qui comptent -, s’opère sous les projecteurs”, de la Télévision.
Quant aux grands notables de ce monde, on dirait que, pour le court instant d’un éclair fugace, ils avaient éprouvé eux aussi quelque chose qui ressemblait au souvenir d’un émoi personnel.
Après tout, pourquoi ne pas en rendre gloire à celui qui prête aux humains la possibilité de sentiments aussi forts ?
Et l’on voit aussi bien pourquoi Lacan s’autorise à dire “qu’il n’y a pas d’aventure comparable à celle d’une psychanalyse”.
Stéphane DI VITTORIO