Samedi 04 Février 2012
N° 147 - Janvier 2012
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2012, la fin d’un monde ?
Deux conceptions du monde s’affrontent. D’un côté, les tenants de l’argent roi, de la compétition et des réseaux, ils sont persuadés que “l’enfer, c’est les autres”, qu’il y a trop de monde sur la planète et que, pour vivre mieux, il est indispensable d’éliminer les nuisibles, les canards boiteux et les “bons à rien”. Partisans de la théorie d’une certaine excellence, ils prônent la destruction des parasites, c’est-à-dire des créatures ne correspondant pas à la norme fixée par ceux qui se croient les meilleurs. De l’autre côté, la grande majorité considère que la monnaie est simplement un outil mis au point pour faciliter les échanges. L’argent peut être également prêté - sans intérêt - aux générations, aux groupes et aux peuples émergents. Il doit être au service de l’homme. Cette prise de conscience que chacun est irremplaçable et que la seule richesse - difficile à mesurer tant elle est inépuisable - est celle de l’être humain gagne du terrain et marque la naissance d’un nouveau monde, plus juste, plus respectueux, plus équitable.
Ces deux tendances sont-elles réconciliables ?
Le développement exponentiel de la circulation et des échanges d’informations auquel nous participons aujourd’hui modifie totalement les rapports entre les oligarques, qui contrôlent encore les leviers de commande de l’économie mondiale, et les “gens ordinaires”, qui, grâce à l’Internet, ont maintenant accès à la connaissance et au savoir. Nous savons que la principale raison du maintien durable de plus des trois quarts des habitants de la planète dans la misère est la mauvaise répartition de ses ressources.
Selon le rapport annuel Global Wealth Databook du Crédit Suisse, les 10 % les plus riches de la planète (soit 700 000 personnes) détiendraient 83 % de la richesse mondiale. Que reste-t-il aux 6 milliards d’autres ?
Un tel déséquilibre est inacceptable. Et sous la pression croissante des marchés, nous risquons d’atteindre le point de non-retour. En effet, ces derniers engagent depuis quelques années “une véritable entreprise de décivilisation” comme l’écrit justement Ignacio Ramonet, fondateur de l’association ATTAC.
La fin de l’argent roi sera-t-elle en 2012 ?
P. A .



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