Maintenir public l’hôpital
A l'heure ou le gouvernement favorise le privé et diminue les moyens de l'hôpital public, les Verts soutiennent les luttes des personnels hospitaliers contre les suppressions de postes, qui ne sont pas une solution viable si l'on veut maintenir la qualité des soins. Néanmoins ils l'intègrent dans la perpective d'une réforme plus large du système de santé, pour enfin s'attaquer aux causes des maladies modernes.
Depuis plusieurs mois, Les restructurations se poursuivent inexorablement entrainant le démantèlement de notre système publique hospitalier, fleuron de la recherche médicale, lieu de formations de milliers d’étudiants et surtout dernier bastion du service public où des hommes et des femmes peuvent encore être accueillis 24H /24H tout simplement parce qu’ils sont malades.
Dans la région parisienne, alors qu’un francilien sur 10 est sous le seuil de pauvreté, que les disparités sociales s’accentuent, que le nombre des personnes seules et les familles monoparentales ne cessent d’augmenter ainsi que le nombre de personnes âgées, le gouvernement poursuit la mise en œuvre de la loi HPST dans sa logique : Casser le service public de santé pour distribuer au privé les locaux, les compétences et la richesse humaine que constituent les salariés de l’APHP. On nous parle de 300 millions d’économies d’ici 2012 mais aussi de 3000 à 4000 emplois supprimés .
On organise une concurrence déloyale entre les hôpitaux publics et les cliniques privées car les maladies chroniques, les complications longues et les problèmes sociaux restent, pour l’essentiel, à la charge du service public. Les pathologies rentables au privé et les non rentables au public, c’est la marchandisation de la santé légalisée.
Demain il sera trop tard, quand l’hôpital public sera mis en pièces, pour pleurer sur la déshumanisation de l’accueil des malades, pour constater la souffrance au travail des personnels soignants, l’abandon de l’enseignement et de la recherche au privé, et pour s’apitoyer sur le sort des malades qui devront attendre des mois pour se faire soigner, s’ils ont encore les moyens de le faire !
Les Verts ont bien compris qu’il était temps de parler de Développement Durable aussi à l’hôpital : de mener la réflexion avec les habitants, les élus, les salariés, les syndicats, afin de maintenir “public” l’hôpital, c’est à dire ouvert à tous.
Si des économies sont à faire, ce n’est pas en parlant d’ “hôpital- entreprise” comme le fait le pouvoir actuel et, ce qui en découle, de rentabilité. La rentabilité est le but explicite de l’entreprise privée et il faut constater que, plus les soins sont rentables pour les cliniques privées et les laboratoires pharmaceutiques, plus la Sécurité Sociale est en déficit et plus les inégalités d’accès aux soins sont croissantes !
Ce n’est pas ce que nous voulons pour la santé de la population.
L’hôpital public, lui, ne peut pas avoir vocation à être “rentable”, puisqu’il est public, mais il a à offrir un service de soins médicaux de qualité et à être bien géré. Il fait partie du tissu social. Bien souvent on y commence et on y termine sa vie. La solution n’est pas de diminuer les personnels soignants. On ne peut pas le maltraiter !
C’est pourquoi Les Verts soutiennent les salariés des hôpitaux dans leurs luttes et demandent avec l’ensemble de la Communauté hospitalière un moratoire pour stopper ce plan de démantèlement.
Les Verts soutiennent une nouvelle politique de santé où l’accès aux soins soit assuré par l’hôpital public ouvert à tous ainsi que par la couverture du territoire par la médecine générale et ils constatent que, malheureusement, on s’en éloigne de plus en plus.
Les Verts soutiennent une nouvelle politique de santé où l’on s’intéresse enfin aux causes des maladies en développant la santé environnementale et au travail, et où l’on prenne en compte les modes de vie par une véritable politique d’éducation pour la santé.
C’est la condition pour aborder la rationalisation de notre système de santé. Le positionnement idéologique ultra-libéral du gouvernement actuel menace les fondements mêmes de notre système de solidarité et en particulier l’avenir de l’hôpital public tel que nous le connaissons, offrant à tous des soins de qualité.
Il est urgent de mettre un coup d’arrêt à la marchandisation de la santé dans notre pays. Il est urgent de définir les priorités de la politique de santé en fonction d’objectifs de santé publique, négociés démocratiquement.
Françoise FIAT
Jean-Pierre CHANE-ALUNE
Jean-Luc VERET
22.05.2010